Raid sur Bourbon Lancy
Par ce mercredi 11 février 2009 trés enneigé
une visite avait été effectuée à Arrout chez Mr Doumenc pour voir s'il était toujours en possession de son petit gris Massey Ferguson.
- non annonce-t-il à ses trois visiteurs, je l'ai vendu à Paul mais, il y a un vieux tracteur à Aulignac au dessus de Bordes. Je ne sais à qui il appartient, vous pouvez toujours aller le
voir.
Direction Ourjout ! En effet sous un petit appentis trône bien sagement un assez joli SOM 40. Quelle belle surprise. Renseignements pris, il appartient à un Mr ...qui habite
Labartherivière.
-Le tracteur ne sert plus, je vais les prévenir de votre visite, vous serez appelés.
-voici ma carte, le téléphone y figure.
Quelques jours aprés contact est pris avec Mme .....
-Voilà si vous acceptez de le vendre je vous en donne 1000 euros.
Il est pour nous, il restera dans le Couserans. Avez-vous la carte grise ?
Oui, je l'ai, tout est en règle.
Un peu plus tard un rappel annonce que c'est d'accord.
Marko dit à Thierry: c'est peut-être l'engin qu'il te faut, allons le voir dimanche matin...
Vous ne l'avez pas bien vu la dernière fois?
Pas assez, non. Aujourd'hui nous venons le palper, l'ausculter, annoncent les visiteurs de la Tracpaco. L'autre jour nous n'avons fait que l'apercevoir, aujourd'hui nous procédons à un examen
détaillé.
Cette deuxième visite montre bien que le véhicule ne manque pas de panache.
Il est de 1958 déclare Mme ... Il vient de la région de l'Isle-En-Dodon, il est venu ici par la route.
La carrosserie est en parfait état, pas un accroc, pas une tâche de rouille. La calandre est légèrement pliée juste en son milieu.
Le pot d'échappement est d'origine. Les pneumatiques sont très corrects , sans fissure ni usure anormale.Le relevage est complet.
La poulie manque, le moteur n'est pas bloqué, l'huile est propre, l'intérieur du réservoir est en excellent état, le tableau de bord intact, seul le boîtier de direction présente un peu de
jeu.
-C'est parfait, nous vous tenons au courant pour l'enlèvement.
-quand vous voulez, plutôt l'aprés midi.
Ce fut donc pour le lundi 13 avril.
Toute l'équipe était requise. André en ouverture de convoi avec à bord barre de remorquage et compresseur, le Fordson comme locomotive, Marcel en serre file.
A 13 heures 30, tous pleins faits le tracteur bleu de Dagenham s'élance. L'ampoule du gyrophare à grillé, tant pis le départ est donné. Il ne fallait pas lui en promettre au fougueux pur
sang.
Les kilomètres furent vite avalés sur une route sans encombre et à 14h45 Ourjout était atteint.
Essayons -nous de le démarrer ? l'équipe était un peu hésitante, un essai à été fait aprés avoir vérifié que les pistons de la pompe n'était pas grippés, mais une des deux batteries de 6
volts ne donnait pas assez d'ampères. Alors place à la traction. C'est dans ce genre de manoeuvre que le piment du convoyage de ces extraordinaires machines s'exerce. Ce spectacle n'en manquait
pas. Le Monsieur SOM 40 se trouvait sans doute bien dans son abri car il résista de tout son poids. Un peu en contrebas du petit chemin goudronné Sieur Fordson ne l'en sortit pas du premier coup,
loin s'en faut. Le patinage était au rendez vous.
-attelons plus long dit André, pour tracter sur le goudron où il y aura plus d'adhérence.
Que nenni ! Le mastodonte orange s'entêtait. Sans blocage de différentiel le pilote avait beau jouer du frein sur la roue qui patinait, le Fordson rugissait, tempêtait, s'arc-boutait, se mettait
en travers, se levait de l'avant-train mais il faisait du sur-place.
-poussez aux roues s'écria le maître de la manoeuvre!
Ah l'avancée est nette mais au petit bourrelet, à la jonction du goudron le SOM renâcle.
-prends-le au relevage dit André.
-essayons toujours mais gare au cabrage. Vous autres, Ghislain, Damien, Thierry, montez sur l'essieu avant et attention à la secousse! La situation change. Les roues avant de l'Orange s'élèvent,
les motrices du "grand bleu " sous la charge se tassent un peu. Marko embraye avec douceur, l'outil se cabre fortement mais l'impressionant convoi sort de sa niche. De voir ces deux
tracteurs attelés, celà rappelait un peu l'inédit Bi-SOM trac fabriqué à l'époque à quelque 9 exemplaires.
Une fois la terre ferme atteinte, l'attelage est défait, la barre de remorquage est mise en place. Le tout recule dans la cour de la ferme pour prendre le sens du départ, les roues sont
légèrement gonflées, les papiers de tranfert de la carte grise signés, la carte grise donnée contre une liasse de billets.
Après une poignée de main il faut donc reprendre le cap sur Salucie via Saint-Girons. Il est 16h45. André devant, suivi des galions puis Roland en serre-file avec la jeep. D'emblée le
comportement de l'OM est exemplaire. Marcel est rassuré.
Dans la descente vertigineuse sur Bordes, en deuxième rapide le Fordson retient sans peine le paquebot en remorque.
Avant de partir Marcel avait chuchoté, au village tu t'arrêteras, je passe une vitesse et essayons de l'allumer !
-que va dire André ?
-juste un petit essai...
Hé bien à peine trois mètres effectués l'imposant moteur OM de 4.156 l de cylindrée démarre : Il fume un peu mais le bruit caractéristique de cette mécanique est bien le bon.
L'abrupt pont sur le Lez est franchi dare-dare et désormais en troisième rapide aux trois quart régime la vitesse sera maintenue jusque à Saint-Girons. Un peu avant Castillon Thierry
souhaite que le moteur du monstre orange soit éteint.
Pour une tournée, ce fut une tournée, mieux qu'une campagne électorale tellement de monde fût croisé et de signes de bienvenue adressés !
Avant Lambège, direction Ourmigue et le haut de Lédar pour éviter l'avenue Maréchal foch. Dans ce chemin cahoteux la vitesse est fortement réduite et permet aux nombreux promeneurs de mieux
apprécier l'originalité du matériel.
Au Bousquet, qui trouve-t-on ? Serge et Jules qui folâtraient : un petit arrêt s'imposait...Enfin aprés la traversée de Saint-Girons par l'avenue de Foix, la côte de Salucie est en vue. Montée en
deuxième rapide et arrivée triomphale dans la cour de la jolie ferme. Le SOM est majestueusement reculé devant la petite murette.
Il semble à l'aise, tout sourire.Il y a fort longtemps qu'il n'avait pas effectué un tel trajet. Roger est là et se montre heureux de la qualité du tracteur. Marie-Claude a préparé un succulent
goûter. Mine de rien l'expédition a duré cinq heures. Les matelots sont aguerris mais un réconfort est toujours bon à prendre.
Reste le Fordson à ramener à l'écurie de Lorp par Saint-Lizier.
Infatiguable le "grand
bleu" est tellement excité qu'il n'arrive pas à passer le porche de son antre, il fallut s'y prendre à plusieurs fois !
Finalement, là-bas, à Bourbon-Lancy dans l'Allier, terre de production des SOMECA, les ancêtres pouvaient dormir tranquille, leur héritage n'était pas prêt de s'éteindre.
A coup sûr; un beau SOM 40 défilerait à Autrefois le Couserans...
Un grand merci à toute l'équipe de la Tracpaco .
Thierry IH
La magnifique miniature de